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Les intérêts composés, la force qui travaille pour vous
Il existe en finance un mécanisme si puissant qu'on lui prête souvent, à tort, une citation d'Einstein le qualifiant de « huitième merveille du monde ». La formule est peut-être apocryphe, mais l'idée, elle, est bien réelle : les intérêts composés sont sans doute le levier le plus sous-estimé par les débutants. Et une fois qu'on l'a compris, on ne regarde plus son épargne de la même façon.
Des intérêts qui font des petits
Le principe tient en une phrase : vos intérêts génèrent, à leur tour, des intérêts.
Reprenons 10 000 € placés à 5 % par an. La première année, ils rapportent 500 €. Jusqu'ici, rien de surprenant. Mais la deuxième année, le taux ne s'applique plus à 10 000 €, il s'applique à 10 500 €. Vous gagnez donc 525 €, et non plus 500. L'année suivante, vous partez de 11 025 €, et ainsi de suite. Chaque gain vient grossir la base sur laquelle se calcule le gain suivant.
C'est une différence fondamentale avec les intérêts « simples », où seul le capital de départ travaille. Ici, ce sont les intérêts eux-mêmes qui se mettent au travail.
Le vrai secret : le temps
Ce mécanisme paraît modeste au début. Sur deux ou trois ans, l'écart est minime. Mais il change de nature avec le temps, car il ne progresse pas en ligne droite : il s'accélère.
Ces mêmes 10 000 € à 5 %, sans jamais rien ajouter, deviennent environ 16 300 € au bout de 10 ans, 26 500 € au bout de 20 ans, et près de 43 000 € au bout de 30 ans. Remarquez le rythme : il a fallu 20 ans pour gagner les premiers 16 500 €, mais seulement 10 de plus pour en gagner 16 500 autres. Plus le temps passe, plus la courbe grimpe vite.
C'est pourquoi, en matière d'intérêts composés, la durée compte souvent davantage que le montant. Commencer tôt avec peu peut battre commencer tard avec beaucoup.
Ce qu'il faut retenir
Les intérêts composés récompensent deux choses : la patience et la régularité. Ils transforment le temps, cette contrainte que subit l'épargne dormante face à l'inflation, en un allié pour l'argent qu'on a mis au travail.
C'est aussi la raison pour laquelle un petit écart de rendement, quelques dixièmes de pourcent, peut se traduire par une différence spectaculaire sur plusieurs décennies. Un détail qui prendra tout son sens lorsque nous parlerons de rendement réel.
