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Concept · Cours 4 sur 7

Les obligations, prêter son argent contre un revenu

Débutant 2 min de lecturePar Karma

Après le livret, montons d'un cran. Les obligations sont sans doute le placement le moins connu du grand public, et pourtant l'un des plus importants : le marché obligataire est plus vaste encore que celui des actions.

Le principe : vous devenez le prêteur

Quand un État ou une entreprise a besoin d'argent, il peut emprunter non pas auprès d'une banque, mais auprès d'une multitude d'investisseurs. En échange de votre argent, l'émetteur vous remet une obligation : une reconnaissance de dette. Il s'engage à vous verser des intérêts réguliers, appelés « coupons », pendant toute la durée du prêt, puis à vous rembourser la somme initiale à l'échéance.

Souvenez-vous de l'article sur les taux d'intérêt : prêter, c'est être rémunéré pour cela. Avec une obligation, vous êtes du côté du prêteur, celui pour qui le taux travaille. Vous n'êtes pas propriétaire d'une part de l'entreprise, vous êtes son créancier.

Où se situent les obligations dans la grille

Dans notre grille de lecture, les obligations occupent une position intermédiaire, entre le livret et l'action.

Leur rendement est généralement supérieur à celui d'un livret, car vous acceptez d'immobiliser votre argent et de courir un risque. Leur risque, justement, est modéré mais réel : il tient principalement à la solvabilité de l'émetteur. Si celui-ci fait défaut, c'est-à-dire s'il ne peut plus rembourser, vous pouvez perdre une partie de votre capital. Leur horizon est plutôt de moyen à long terme, calé sur la durée du prêt.

C'est pourquoi toutes les obligations ne se valent pas : prêter à un État solide n'a pas le même niveau de risque, ni donc le même rendement, que prêter à une entreprise fragile. La prime de risque, vue précédemment, se lit ici très concrètement.

Un point de vigilance : le prix bouge

Une idée reçue voudrait qu'une obligation soit un placement totalement figé. En réalité, une obligation peut se revendre avant son échéance, sur un marché où son prix varie, notamment en fonction des taux d'intérêt.

Le mécanisme est contre-intuitif mais logique : quand les taux d'intérêt montent, les obligations déjà émises, qui versent un coupon plus faible, deviennent moins attractives, et leur prix baisse. À l'inverse, quand les taux baissent, les anciennes obligations prennent de la valeur. Si vous conservez votre obligation jusqu'à l'échéance, cette variation ne vous concerne pas : vous récupérez la somme prévue. Mais si vous devez la revendre avant, vous pouvez le faire à un prix plus haut ou plus bas qu'à l'achat.

Les obligations offrent ainsi un compromis intéressant entre sécurité et rendement. Mais pour viser une performance plus élevée, il faut accepter de changer de posture : ne plus prêter à une entreprise, mais en devenir copropriétaire. C'est tout le sujet des actions.